
En résumé :
- Le Piton de la Fournaise offre des éruptions de type effusif, spectaculaires mais peu explosives, permettant une observation relativement sûre si les règles sont respectées.
- La clé du succès est la logistique : partez en pleine nuit pour éviter les embouteillages monstres et consultez les outils en temps réel (OVPF, Info Route 974).
- Deux sites principaux existent : le Pas de Bellecombe pour une vue plongeante et la Route des Laves pour voir les coulées atteindre la mer, si l’éruption le permet.
- Ne sortez jamais des sentiers balisés. La lave solidifiée peut cacher des dangers (chaleur, gaz) et le terrain est instable.
- Pour des photos réussies de nuit, un trépied est indispensable, avec des poses longues (5-10s) et des ISO élevés (1600-3200).
Le ciel nocturne se teinte de rouge. Un grondement sourd parcourt la Plaine des Sables. Pas de doute, le Piton de la Fournaise s’est réveillé. Pour le voyageur chanceux présent à La Réunion, c’est une opportunité unique d’assister à l’un des plus beaux spectacles de la nature. Mais l’excitation du moment peut vite tourner à la frustration, voire au danger. Les conseils habituels fusent : « soyez prudent », « couvrez-vous bien », « partez tôt ». Des évidences qui masquent la réalité du terrain : une véritable opération logistique vous attend.
Assister à une éruption ne s’improvise pas. C’est une mission qui demande de comprendre la mécanique du volcan, d’anticiper les mouvements de la foule et de maîtriser quelques bases techniques pour ne pas revenir avec des photos floues et des souvenirs d’embouteillages. Car la véritable clé n’est pas seulement de voir la lave, mais de la voir dans de bonnes conditions. Il ne s’agit pas juste d’être au bon endroit au bon moment, mais de savoir pourquoi c’est le bon endroit et comment y arriver avant tout le monde.
Ce guide n’est pas une simple liste de consignes. C’est un carnet de route de journaliste de terrain, conçu pour vous donner les clés stratégiques. Nous verrons pourquoi ce volcan est si accessible, où et comment observer le spectacle, comment déjouer les pièges de la foule, et surtout, comment immortaliser ce moment magique sans prendre de risques insensés. Préparez-vous à vivre l’éruption non pas comme un simple spectateur, mais comme un explorateur averti.
Pour vous aider à planifier cette expérience inoubliable, cet article est structuré pour répondre à toutes les questions pratiques que vous vous posez, de la nature du volcan aux astuces pour éviter les bouchons.
Sommaire : Le guide de terrain pour une éruption au Piton de la Fournaise
- Rouge ou grise : pourquoi les éruptions réunionnaises sont-elles peu explosives ?
- Route des Laves ou Pas de Bellecombe : où aller pour voir la lave la nuit ?
- Bouchons monstres : quand partir pour éviter les 4h de queue au volcan ?
- L’erreur de vouloir s’approcher de la lave en fusion hors sentier
- Vitesse et trépied : comment réussir ses photos de coulées rouges dans le noir ?
- Coulée de 2007 : comment reconnaître l’éruption du siècle depuis votre voiture ?
- Canal 9 et Info Route : comment vérifier l’état du trafic en temps réel ?
- Chaleur et vapeurs : quels risques pour les pneus si la lave est encore chaude ?
Rouge ou grise : pourquoi les éruptions réunionnaises sont-elles peu explosives ?
Avant toute chose, il faut comprendre la nature de la bête. Le Piton de la Fournaise est ce qu’on appelle un volcan « rouge » ou effusif. Contrairement aux volcans « gris » (explosifs) comme le Vésuve ou le Mont Saint Helens, sa lave est très fluide. Elle s’écoule en rivières incandescentes plutôt que d’exploser violemment en projetant des nuages de cendres mortels à des kilomètres. C’est cette particularité qui rend le spectacle accessible et relativement peu dangereux, à condition de garder ses distances.
Cette activité quasi permanente est une aubaine pour les scientifiques et les visiteurs. Le volcan entre en éruption environ deux fois par an en moyenne depuis 1998, ce qui en fait l’un des plus actifs et des mieux surveillés au monde. Cette surveillance est la clé de notre sécurité. L’éruption dévastatrice de 1977, qui a atteint le village de Piton Sainte-Rose, a servi d’électrochoc. Elle a conduit à la création, en 1979, de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF). C’est grâce à cet organisme que chaque soubresaut du volcan est analysé, permettant d’anticiper les éruptions et de définir des périmètres de sécurité clairs.
Ainsi, lorsque vous montez voir la lave, vous ne vous aventurez pas à l’aveugle. Vous bénéficiez d’un cadre sécurisé par des décennies de science et d’expérience. Le volcanisme effusif est un spectacle, mais un spectacle dont les règles sont connues et les risques maîtrisés par une surveillance constante.
Route des Laves ou Pas de Bellecombe : où aller pour voir la lave la nuit ?
Une fois l’éruption confirmée, la question cruciale est : où aller ? Deux stratégies principales s’offrent à vous, dépendant de la localisation de l’éruption. La plupart du temps, l’activité se concentre dans l’Enclos Fouqué, la grande caldeira au sommet du volcan. Dans ce cas, le Pas de Bellecombe est le point d’observation désigné.
Plus rarement, si les fissures éruptives s’ouvrent très bas sur les flancs, les coulées peuvent dévaler jusqu’à l’océan, coupant la Route Nationale 2, rebaptisée à juste titre la « Route des Laves ». Chaque option offre une expérience radicalement différente.
Pour vous aider à choisir votre « fenêtre de tir », voici une comparaison des deux principaux points d’observation.
| Critère | Pas de Bellecombe | Route des Laves (RN2) |
|---|---|---|
| Type de vue | Vue plongeante sur l’Enclos | Vue frontale des coulées côtières |
| Accessibilité | Voiture + observation facile | Voiture directe |
| Condition d’activité | Éruption dans l’Enclos | Coulées atteignant la côte |
| Affluence typique | Très forte | Forte à modérée |
Si vous optez pour le Pas de Bellecombe, votre liberté de mouvement est strictement encadrée par les arrêtés préfectoraux. Ne vous aventurez jamais hors des sentiers balisés. En fonction du niveau d’alerte, seuls quelques itinéraires sont ouverts au public. Généralement, il s’agit de :
- Le sentier du Pas de Bellecombe au Formica Léo, puis jusqu’au sentier Rivals et au cratère Caubet.
- L’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (uniquement par le nord du cratère).
- Le sentier Kapor jusqu’à Piton Kapor.
Toute progression en dehors de ces sentiers est non seulement dangereuse mais illégale, sauf pour les groupes encadrés par des professionnels de la montagne autorisés. Respecter ces tracés, c’est garantir votre sécurité.
Bouchons monstres : quand partir pour éviter les 4h de queue au volcan ?
La plus grande épreuve pour voir l’éruption n’est souvent pas l’effort physique, mais la patience. Dès l’annonce d’une activité visible de nuit, des milliers de personnes convergent vers la route du volcan, créant des embouteillages légendaires qui peuvent s’étirer sur des kilomètres et durer des heures. Une photo vaut mille mots, et celle des files de phares serpentant dans la nuit est un classique.

Alors, comment appliquer une « intelligence de la foule » pour déjouer ce piège ? La réponse est simple et radicale : il faut être en décalage complet. Oubliez l’idée de « monter après le dîner ». La meilleure stratégie est de viser une arrivée sur site entre 2h et 4h du matin. Vous croiserez ceux qui redescendent, fatigués mais heureux, et vous vous installerez tranquillement avant le lever du soleil, qui offre souvent des lumières spectaculaires sur les fumerolles.
Voici quelques recommandations pour optimiser votre ascension :
- Évitez les week-ends et les vacances scolaires si possible. C’est une évidence, mais l’affluence y est décuplée.
- Privilégiez le tout début de l’éruption (les premières 48h) ou attendez quelques jours que la ferveur retombe un peu.
- Pensez au covoiturage. Moins de voitures, c’est moins de bouchons.
- Si des navettes de bus sont mises en place par les collectivités, utilisez-les. C’est de loin la solution la plus confortable pour éviter le stress du parking et de la conduite nocturne.
Préparez-vous comme pour une petite expédition : emportez de l’eau, des en-cas, des vêtements très chauds (les températures peuvent être négatives au sommet), des lampes frontales et une bonne dose de patience, même avec la meilleure planification.
L’erreur de vouloir s’approcher de la lave en fusion hors sentier
La tentation est immense. La coulée semble lente, presque docile. L’envie de s’approcher pour sentir la chaleur, pour faire LA photo, pousse certains à l’imprudence. C’est l’erreur la plus grave que vous puissiez commettre. Sortir des sentiers balisés dans l’Enclos est formellement interdit et met votre vie en danger. Le Piton de la Fournaise, avec plus de 150 éruptions enregistrées depuis le 17e siècle, est un terrain en perpétuel changement, truffé de pièges invisibles.
Le sol, même s’il paraît solide et froid, peut être une fine croûte au-dessus de tunnels de lave encore incandescents ou de cavités fragiles. Marcher dessus, c’est risquer l’effondrement et des brûlures mortelles. De plus, des poches de gaz toxiques peuvent s’accumuler dans les creux, invisibles et inodores. Le terrain est également un chaos de roches coupantes comme du verre (le graton), où une simple chute peut provoquer de graves blessures.
L’éruption de 1977 est un puissant rappel de la force de la lave. Cet événement a marqué les esprits lorsque la coulée a traversé le village de Piton-Sainte-Rose. Elle a détruit plusieurs bâtiments, mais a miraculeusement encerclé l’église, s’arrêtant sur son seuil. L’édifice, aujourd’hui rebaptisé Notre-Dame-des-Laves, témoigne de la puissance implacable et imprévisible des coulées, même lorsqu’elles paraissent avancer lentement.
Étude de cas : L’église de Piton-Sainte-Rose
En avril 1977, une coulée de lave hors Enclos a dévalé vers le village de Piton-Sainte-Rose. Après avoir détruit plusieurs maisons, le front de lave a atteint l’église. Il a pénétré par la porte principale, a recouvert le parvis intérieur sur quelques mètres, puis s’est figé, épargnant le reste du bâtiment. Cet événement, perçu comme un miracle par beaucoup, illustre surtout que la trajectoire et l’arrêt d’une coulée sont dictés par des dynamiques complexes (pente, topographie, viscosité) totalement hors de notre contrôle.
Votre sécurité dépend de votre capacité à résister à la fascination et à respecter scrupuleusement le périmètre défini par les scientifiques. La meilleure photo ne vaut pas le risque de ne jamais pouvoir la montrer.
Vitesse et trépied : comment réussir ses photos de coulées rouges dans le noir ?
Vous avez bravé le froid et les bouchons, vous êtes face au spectacle. Maintenant, comment le capturer ? Photographier de la lave la nuit est un exercice technique passionnant qui demande un minimum de matériel et de préparation. Oubliez le mode automatique de votre smartphone, il sera totalement perdu face aux contrastes extrêmes entre la nuit noire et la lumière intense de la lave.
L’accessoire le plus important n’est pas l’appareil le plus cher, mais un trépied stable. Pour capturer la magie des coulées, vous devrez utiliser des temps de pose longs, de plusieurs secondes. Le moindre mouvement de votre main rendra la photo irrémédiablement floue. Si vous n’avez pas de trépied, trouvez un rocher plat et stable pour poser votre appareil et utilisez le retardateur pour déclencher sans créer de vibration.
Une fois stabilisé, le jeu consiste à trouver le bon équilibre entre la sensibilité (ISO), l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation pour retranscrire fidèlement l’ambiance. Une pose trop courte figera la lave et la rendra peu spectaculaire ; une pose trop longue la transformera en une bouillie orange surexposée. C’est là que réside tout l’art.
Votre plan d’action pour une photo de lave réussie
- Stabilisation : Sécuriser l’appareil sur un trépied stable ou un rocher plat et utiliser le retardateur (2 ou 10 secondes) pour éviter toute vibration au déclenchement.
- Cadrage : Composer l’image en incluant un avant-plan (une roche sombre, une silhouette humaine pour l’échelle) afin de donner de la profondeur et du contexte à la scène volcanique.
- Réglages de base : Passer en mode Manuel (M) ou Pro. Commencer avec une sensibilité entre ISO 1600 et 3200 et une ouverture moyenne (entre f/4 et f/5.6).
- Capture du mouvement : Ajuster la vitesse d’obturation. Viser entre 5 et 10 secondes pour obtenir de magnifiques filés sur les fontaines et les coulées de lave. Ajuster si l’image est trop claire ou trop sombre.
- Qualité maximale : Toujours photographier en format RAW. Ce format conserve bien plus d’informations que le JPEG et vous donnera une flexibilité immense pour corriger les couleurs et les contrastes en post-production.
Coulée de 2007 : comment reconnaître l’éruption du siècle depuis votre voiture ?
En roulant sur la RN2, la fameuse Route des Laves entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, le paysage change brutalement. La végétation luxuriante laisse place à un champ de lave noire, chaotique et presque lunaire. Vous traversez ici les cicatrices des éruptions passées, et l’une d’elles est impossible à manquer : celle d’avril 2007.
Cette éruption est restée dans les annales comme « l’éruption du siècle ». Elle fut exceptionnelle non pas par sa localisation, mais par son volume. C’est l’éruption la plus volumineuse depuis le XIXe siècle, ayant émis près de 200 millions de mètres cubes de magma, soit l’équivalent de 80 000 piscines olympiques. La coulée a atteint la mer et a agrandi l’île de plusieurs hectares.

Depuis votre voiture, vous reconnaîtrez cette coulée gigantesque à plusieurs indices. D’abord, son étendue : elle forme une immense plateforme noire qui s’avance dans l’océan, créant la Pointe du Tremblet. Ensuite, la texture de la roche. La lave est encore très sombre, presque vierge de toute végétation, contrairement aux coulées plus anciennes qui sont déjà colonisées par les lichens et les premiers arbustes. Enfin, des panneaux indiquent « Coulée 2007 », vous confirmant que vous roulez bien sur un morceau d’histoire volcanique récente.
Prendre le temps de s’arrêter sur les aires aménagées le long de cette route, c’est toucher du doigt la puissance démesurée du volcan. C’est aussi comprendre que l’île est une terre vivante, en construction permanente, et que la route que vous empruntez est une concession temporaire faite par le volcan à l’homme.
Canal 9 et Info Route : comment vérifier l’état du trafic en temps réel ?
Votre expédition vers le volcan commence bien avant de mettre le contact. Une préparation réussie repose sur l’information. Dans le contexte d’une éruption, plusieurs sources deviennent vos meilleures alliées pour monter votre « centre de contrôle » et prendre les bonnes décisions en temps réel. Ne partez jamais sans avoir consulté ces outils.
Le premier réflexe est de vérifier le statut du volcan lui-même. L’OVPF (Observatoire Volcanologique) est la source officielle. Leurs bulletins quotidiens et communiqués vous informent sur l’intensité, la localisation et l’évolution de l’éruption. C’est ce qui détermine les arrêtés de la Préfecture de La Réunion, qui fixe les niveaux d’alerte et les périmètres d’accès autorisés ou interdits. Consulter le site de la préfecture est donc impératif.
Une fois le « feu vert » volcanologique obtenu, la bataille de la route commence. Votre outil principal est Info Route 974. Ce service du Conseil Départemental fournit des informations sur l’état du trafic en temps réel sur les routes de l’île, et plus particulièrement sur la fameuse route du volcan (RF5). C’est ici que vous verrez si les bouchons sont déjà en place. En complément, les webcams installées au Pas de Bellecombe vous donnent une idée des conditions météo sur place : brouillard, pluie… il serait dommage de faire 4 heures de route pour ne rien voir.
Voici la boîte à outils numérique indispensable pour suivre l’éruption :
- 1. OVPF (ipgp.fr/fr/ovpf) : Pour les bulletins scientifiques sur l’activité volcanique.
- 2. Préfecture de La Réunion : Pour les arrêtés officiels d’accès et les niveaux d’alerte ORSEC.
- 3. Info Route 974 : Pour l’état du trafic en direct, notamment sur la route forestière du Volcan.
- 4. Webcams du Piton de la Fournaise : Pour vérifier les conditions météo et la visibilité au sommet.
- 5. Fournaise.info et médias locaux : Pour des nouvelles et photos du terrain partagées par une communauté de passionnés.
À retenir
- Prudence et Respect : Le volcan est un milieu naturel puissant. Restez sur les sentiers, ne sous-estimez ni le froid, ni l’instabilité du terrain.
- Anticipation Logistique : La clé est le timing. Partez en horaires décalés (pleine nuit) et consultez les outils d’information en temps réel (OVPF, Info Route 974) avant de prendre la route.
- Équipement Essentiel : Vêtements chauds et imperméables, chaussures de marche, eau, nourriture, lampe frontale et un trépied pour les photographes sont non négociables.
Chaleur et vapeurs : quels risques pour les pneus si la lave est encore chaude ?
La route a été rouverte, la lave est noire et semble inerte. On pourrait penser le danger écarté. Pourtant, un risque subsiste, plus discret mais bien réel : la chaleur résiduelle. Une coulée de lave met des semaines, voire des mois, à refroidir complètement en profondeur. La surface peut être dure et froide au toucher, mais le cœur de la coulée, à quelques dizaines de centimètres sous la roche, peut encore être à plusieurs centaines de degrés.
Ce phénomène est particulièrement visible après une averse. L’eau de pluie s’infiltre dans les fissures de la lave encore chaude et se vaporise instantanément, créant des panaches de vapeur qui s’échappent du sol. C’est un signe qui ne trompe pas : le sous-sol est une véritable fournaise.
Chaque fois, les services d’ingénierie ont restauré la route après le refroidissement de la lave. Des sections de la coulée de lave restaient chaudes pendant des mois après une éruption, comme en témoigne la vapeur émanant de ces zones par temps pluvieux.
– Wikipedia, Histoire du Piton de la Fournaise
Concrètement, quel est le risque ? Si vous vous garez sur un bas-côté fraîchement recouvert, la chaleur intense irradiant du sol peut endommager gravement vos pneus, les faisant fondre ou même éclater. C’est pourquoi il est strictement interdit de s’arrêter ou de stationner sur les portions de route reconstruites sur des coulées très récentes, en dehors des parkings aménagés et sécurisés. Les services de la route connaissent ce risque et s’assurent que la chaussée est suffisamment refroidie avant de la rouvrir, mais les accotements restent une zone de prudence.
La destruction et la reconstruction de la RN2 sont une partie intégrante de la vie dans le Grand Brûlé. Certaines années, la route a été coupée plusieurs fois, et les sections sont aujourd’hui marquées par des panneaux indiquant l’année de l’éruption destructrice. Ces panneaux sont plus qu’une information touristique ; ce sont des rappels que vous roulez sur une terre vivante et que la prudence reste de mise, même longtemps après la fin du spectacle incandescent.
Maintenant que vous disposez de toutes les clés pour une « opération volcan » réussie, de la logistique à la photographie, l’étape suivante consiste à mettre en pratique ces conseils et à vous préparer pour la prochaine alerte. Gardez vos outils de veille à portée de main et soyez prêt à vivre un moment que vous n’oublierez jamais.
Questions fréquentes sur l’observation d’une éruption au Piton de la Fournaise
Peut-on accéder au volcan pendant une éruption ?
Oui, mais l’accès est réglementé. En cas d’éruption, la préfecture active un niveau d’alerte (généralement « Alerte 1 – Éruption en cours dans l’enclos ») et définit les sentiers et zones accessibles au public. Il est impératif de vérifier ces informations auprès de l’OVPF ou de la Préfecture avant de vous y rendre, car l’accès à l’Enclos peut être totalement interdit.
Où trouver de l’eau et de la nourriture sur place ?
Il n’y a aucun point d’eau potable au Piton de la Fournaise. Vous devez impérativement apporter suffisamment d’eau pour couvrir vos besoins, surtout si vous prévoyez une petite marche. Près du Pas de Bellecombe, vous trouverez généralement des snacks et des « bar-camions » qui proposent des boissons et de la restauration rapide, ainsi que des tables de pique-nique.
L’utilisation de drones est-elle autorisée ?
L’usage d’un drone est très strictement réglementé à La Réunion, en particulier dans le Parc National qui couvre le volcan. Le survol est généralement interdit pendant une éruption pour des raisons de sécurité (interférence avec les aéronefs de secours ou scientifiques) et de quiétude de la faune. Renseignez-vous systématiquement sur la législation en vigueur pour éviter une forte amende et la confiscation de votre matériel.