Publié le 15 mars 2024

Visiter les lieux sacrés de La Réunion n’est pas une simple visite touristique, c’est une leçon d’histoire vivante sur le fameux « vivre-ensemble » réunionnais.

  • Chaque règle de conduite (se déchausser, couvrir ses épaules) n’est pas une contrainte, mais un hommage à l’histoire du peuplement de l’île.
  • Le dialogue interreligieux n’est pas un concept, mais une pratique quotidienne, structurée et profondément ancrée dans la société.

Recommandation : Abordez chaque visite non comme un touriste, mais comme un invité curieux de l’histoire humaine qui se cache derrière les murs colorés des édifices.

L’île de la Réunion évoque instantanément des images de paysages volcaniques, de cirques verdoyants et de plages de sable noir. Pourtant, sa plus grande richesse est peut-être moins visible au premier coup d’œil : son tissu humain. Parler de « mosaïque de peuples » ou de « vivre-ensemble » est devenu courant, mais ces termes cachent une réalité profonde et complexe, façonnée par des vagues successives d’immigration venues d’Europe, d’Afrique, d’Inde et de Chine. Cette histoire se lit à ciel ouvert, sur les façades des églises, dans les minarets des mosquées et sur les toits colorés des temples tamouls.

La plupart des guides se contentent de lister les « règles à suivre » pour visiter ces lieux : enlever ses chaussures, être silencieux, se vêtir décemment. Ces conseils, bien qu’essentiels, restent en surface. Ils omettent le plus important : le « pourquoi ». Et si la véritable clé pour comprendre l’âme réunionnaise n’était pas de suivre aveuglément des règles, mais de décrypter le sens historique et culturel derrière chaque geste ? Si chaque code de conduite était en réalité une porte d’entrée vers la compréhension de l’histoire du peuplement de l’île ?

Cet article propose un changement de perspective. Il ne s’agit pas d’un simple manuel de savoir-vivre, mais d’un guide de lecture culturel. Nous allons explorer comment chaque lieu de culte raconte une partie de l’histoire de la Réunion, et comment, en adoptant les bons gestes, le voyageur curieux passe du statut de simple spectateur à celui d’invité éclairé, capable de saisir la substance unique du dialogue interreligieux qui fait la fierté de l’île.

Pour vous guider dans cette immersion respectueuse, cet article est structuré pour vous faire passer de la compréhension globale du modèle réunionnais aux détails pratiques qui feront de vos visites des moments d’échange et de découverte authentiques.

Pourquoi le dialogue interreligieux est-il un modèle unique en France ?

Le « vivre-ensemble » réunionnais n’est pas un slogan touristique, mais une réalité sociale construite, entretenue et parfois même théorisée. Contrairement à une simple coexistence passive, il s’agit d’un dialogue actif et structuré, ce qui en fait un cas d’étude particulièrement intéressant dans le contexte français. Cette volonté de compréhension mutuelle est incarnée par des initiatives concrètes qui dépassent la simple tolérance. Le meilleur exemple est sans doute le Groupe de Dialogue Interreligieux (GDIR), qui depuis sa fondation le 21 décembre 2000, réunit les représentants de toutes les grandes confessions de l’île pour promouvoir la paix et la connaissance mutuelle.

Cette démarche est si profondément ancrée qu’elle a même trouvé un écho dans le monde universitaire. L’île a vu la création d’un diplôme unique en son genre : « Dialogue interreligieux, médiation interculturelle et éducation à la paix ». Cette formation a pour objectif de poser des bases académiques solides pour mieux comprendre les religions qui composent cette société plurielle. Loin d’être une simple façade, le dialogue est ici un objet d’étude, une compétence qui s’apprend et se transmet.

L’Office de Tourisme de l’Ouest ne s’y trompe pas en affirmant que « La Réunion est exemplaire pour son vivre ensemble, pour son métissage et pour sa tolérance ». Cette exemplarité ne vient pas de nulle part. Elle est le fruit d’une histoire partagée, parfois douloureuse, qui a forcé les différentes communautés à construire des ponts plutôt que des murs. Pour le visiteur, comprendre cette dynamique est essentiel : chaque lieu de culte ouvert aux autres est un symbole de ce dialogue permanent. Entrer dans une mosquée, un temple ou une église, c’est participer, même en simple observateur, à cette conversation vieille de plusieurs siècles.

Chaussures et photos : les 3 règles d’or pour entrer dans un temple tamoul

Les temples tamouls, avec leurs couleurs vives et leurs milliers de sculptures, sont souvent un choc esthétique pour le voyageur. Pénétrer dans ces espaces sacrés demande cependant de comprendre quelques codes fondamentaux qui vont bien au-delà de la simple politesse. Ces règles ne sont pas des barrières, mais des gestes de respect envers les divinités et la communauté. On peut les regrouper en trois catégories : le respect du corps, le respect du lieu et le respect de l’échange.

Chaussures alignées à l'entrée d'un temple tamoul coloré

Premièrement, le respect du corps. La règle la plus connue est de se déchausser avant même de franchir le seuil. Ce geste symbolise le fait de laisser les impuretés du monde extérieur derrière soi. Mais cela va plus loin : une tenue correcte est exigée, couvrant les épaules et les genoux. Les shorts courts, jupes et décolletés sont proscrits. De plus, tout accessoire en cuir (ceinture, sac, bracelet de montre) est interdit, car la vache est un animal sacré dans l’hindouisme. Enfin, une règle plus intime mais importante : il est demandé aux femmes de ne pas entrer dans le temple pendant leurs périodes menstruelles, considérées comme une période d’impureté rituelle.

Deuxièmement, le respect du lieu. Une fois à l’intérieur, le silence est d’or. Le temple est un lieu de prière et de méditation, pas un musée. Les photographies y sont généralement interdites pour préserver la quiétude des fidèles et le caractère sacré des représentations divines. Il convient de se déplacer lentement, sans pointer les pieds vers les autels ou les statues, ce qui est considéré comme un grand manque de respect.

Enfin, le respect de l’échange. La visite d’un temple n’est pas un acte de consommation touristique. C’est pourquoi il est d’usage, à la fin de la visite, de faire une offrande. Celle-ci peut prendre la forme de fruits (bananes, noix de coco) déposés sur un autel, ou plus simplement d’un don en argent glissé dans l’une des boîtes prévues à cet effet. Ce geste n’est pas un paiement, mais une marque de gratitude et de participation à la vie de la communauté qui entretient le lieu.

Votre checklist avant d’entrer dans un temple hindou

  1. Vérification de la tenue : Ai-je les épaules et les genoux couverts ? Ai-je retiré tous mes accessoires en cuir (ceinture, sac, chaussures) ?
  2. Préparation du comportement : Suis-je prêt à observer le silence ? Ai-je bien rangé mon appareil photo et mon téléphone ?
  3. Anticipation du geste de gratitude : Ai-je prévu une petite somme d’argent ou des fruits pour faire une offrande en partant ?
  4. État d’esprit : Suis-je là pour « prendre des photos » ou pour observer, ressentir et respecter un lieu de foi ?
  5. Logistique : Ai-je vérifié les horaires d’ouverture et l’éventualité d’une cérémonie en cours qui pourrait limiter l’accès ?

Mosquée de Saint-Denis vs Église Sainte-Anne : quelles différences architecturales observer ?

À La Réunion, les édifices religieux ne sont pas seulement des lieux de prière ; ce sont des livres d’histoire et de théologie à ciel ouvert. Comparer la mosquée Noor-e-Islam de Saint-Denis et l’église de Sainte-Anne permet de décrypter deux visions du monde et deux histoires bien distinctes. Savoir où poser son regard transforme une simple visite en une lecture architecturale fascinante. Un fait historique méconnu montre que la mosquée de Saint-Denis de la Réunion est la première mosquée construite en France, inaugurée en 1905, bien avant celle de Paris. Ce détail souligne l’ancienneté et l’intégration de la communauté musulmane sur l’île.

Le tableau suivant met en lumière les contrastes clés à observer entre ces deux monuments emblématiques, chacun reflétant les principes de sa foi.

Comparaison architecturale : Mosquée de Saint-Denis et Église Sainte-Anne
Élément architectural Mosquée de Saint-Denis Église Sainte-Anne
Orientation Tournée vers La Mecque (Qibla) Orientée vers Jérusalem (l’Est)
Structure verticale Minaret pour l’appel à la prière Clocher abritant les cloches
Décoration intérieure Motifs géométriques et calligraphiques (aniconisme) Vitraux et statues figuratives (scènes bibliques)
Intégration urbaine Insérée dans le tissu urbain dense (rue du Maréchal Leclerc) Monument isolé avec parvis et végétation
Style dominant Indo-musulman avec influences locales Néo-gothique avec exubérance baroque tropicale

Observer ces différences, c’est comprendre des concepts théologiques fondamentaux. L’aniconisme de la mosquée (absence de représentations humaines ou animales) met l’accent sur la transcendance d’Allah, tandis que l’art figuratif de l’église (statues, vitraux) incarne le principe chrétien de l’Incarnation, où Dieu se fait homme. De même, le minaret est une tour d’appel, une voix qui convoque la communauté, alors que le clocher rythme le temps de toute la cité, qu’elle soit croyante ou non. En prêtant attention à ces détails, le visiteur ne voit plus seulement des bâtiments, mais des expressions culturelles et spirituelles profondément signifiantes.

L’erreur de réduire la culture réunionnaise au seul folklore des hôtels

L’un des plus grands pièges pour un voyageur à La Réunion est de confondre la culture vivante avec le spectacle folklorique souvent présenté dans les complexes hôteliers. Les danses, les musiques et les démonstrations culinaires, bien que sympathiques, ne sont qu’une version simplifiée et mise en scène d’une réalité culturelle et spirituelle bien plus profonde et complexe. Penser avoir compris la culture réunionnaise après une soirée séga, c’est comme croire connaître la gastronomie française en ne mangeant que des crêpes. La véritable âme de l’île se révèle dans des moments de ferveur partagée, souvent loin des circuits touristiques classiques.

Un événement historique l’illustre de manière poignante. Après les attentats du 11 septembre 2001, un choc mondial qui aurait pu creuser des fossés entre les communautés, La Réunion a réagi de manière unique. Près de 15 000 personnes, de toutes confessions et origines, ont marché en silence derrière les représentants du Groupe de Dialogue Interreligieux. Cet acte a été un révélateur : la cohésion n’était pas un acquis, mais une valeur à défendre activement. Il a souligné la nécessité d’éduquer chacun à sa propre religion pour mieux respecter celle de l’autre, ancrant le respect dans la connaissance.

De même, des cérémonies comme la marche sur le feu ou le Cavadee, souvent perçues comme spectaculaires, sont des moments de foi intense qui dépassent les frontières communautaires. Il n’est pas rare de voir des Réunionnais d’autres confessions participer à ces rituels de pénitence hindoue. Ce syncrétisme populaire montre que la spiritualité n’est pas cloisonnée. Un chrétien peut allumer une lampe pour une divinité tamoule ou un musulman partager un repas de fin de Ramadan avec ses voisins hindous. C’est dans ces interactions quotidiennes et sincères, bien plus que dans les spectacles, que se niche l’authenticité du « vivre-ensemble » réunionnais.

Saint-Pierre ou Saint-Denis : quelle ville choisir pour un parcours « Villes d’Art et d’Histoire » ?

Saint-Denis, la capitale administrative, et Saint-Pierre, la « capitale du Sud », offrent toutes deux des parcours riches pour le voyageur curieux du patrimoine religieux. Le choix entre les deux dépend de l’expérience recherchée. Saint-Denis, plus étendue et institutionnelle, propose une plongée dans les grands édifices qui ont marqué l’histoire officielle de l’île. Saint-Pierre, quant à elle, offre une atmosphère peut-être plus concentrée et une immersion particulièrement forte dans la culture tamoule.

Le joyau de Saint-Pierre est sans conteste le temple Narassingua Péroumal. Sa popularité dépasse largement les frontières de l’île, au point que le temple Narassingua Péroumal de Saint-Pierre a été classé 3ème monument préféré des Français en 2020. Cette reconnaissance nationale témoigne de sa beauté architecturale et de la force symbolique qu’il représente. Une visite à Saint-Pierre permet de s’immerger dans un quartier où le temple est le cœur battant de la communauté, entouré de boutiques vendant saris, épices et objets de culte.

Pour ceux qui souhaitent une visite approfondie, les options ne manquent pas. L’office de tourisme Destination Sud Réunion propose des visites guidées du temple Narassingua Péroumal, généralement les mercredis et vendredis. C’est une occasion unique d’en apprendre davantage non seulement sur l’architecture, mais aussi sur l’histoire de l’engagisme et l’arrivée des premiers hindous sur l’île. Pour une expérience encore plus complète, il est possible de se rendre à Saint-André, dans l’Est, pour visiter le temple Maryen Péroumal. Là, la visite peut être complétée par un déjeuner typiquement indien et des ateliers participatifs, offrant une immersion sensorielle totale.

Pourquoi allume-t-on des lampes à huile en argile devant chaque maison ?

Le spectacle de centaines de petites lumières vacillantes sur les balcons, les rebords de fenêtres et à l’entrée des maisons est l’une des images les plus poétiques de La Réunion à certaines périodes de l’année. Ces petites lampes en terre cuite, appelées « diyas », ne sont pas de simples décorations. Elles sont le cœur de l’une des plus importantes célébrations hindoues : le Dipavali, ou Fête de la Lumière.

Célébrée généralement en octobre ou novembre, Dipavali commémore la victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal. Chaque lampe allumée symbolise cette victoire et vise à éclairer le chemin de la déesse Lakshmi, déesse de la prospérité et de la fortune, afin qu’elle puisse entrer dans les foyers et y apporter ses bénédictions pour l’année à venir. C’est un moment de joie, de renouveau, de partage et de purification des maisons. La lumière est vue comme un purificateur spirituel, chassant l’ignorance et la négativité.

Les religions et les cultes sont ainsi vécus pleinement et les communautés se retrouvent dans des moments de partage grâce à la célébration de fêtes populaires comme le Dipavali ou le nouvel an chinois.

– Compagnie des Guides de l’Océan Indien, Site reunion-tourisme.com

Ce qui est remarquable à La Réunion, c’est que la magie de Dipavali dépasse largement la seule communauté hindoue. La beauté de ces illuminations est partagée par tous, et il n’est pas rare de voir des familles d’autres confessions allumer quelques lampes par sympathie et esprit de partage. La fête devient alors un événement qui illumine toute l’île, un symbole éclatant de ce fameux « vivre-ensemble ». Assister à Dipavali, c’est plonger au cœur de la spiritualité hindoue et voir comment une fête religieuse peut devenir un moment de communion pour toute une population.

Case Tomi ou bardeaux : comment reconnaître une habitation traditionnelle authentique ?

L’identité culturelle de La Réunion ne s’exprime pas uniquement dans les grands édifices religieux, mais aussi dans l’architecture vernaculaire, c’est-à-dire l’habitat traditionnel. Reconnaître une « case » authentique, c’est apprendre à lire les matériaux, les formes et les couleurs qui racontent l’histoire sociale et climatique de l’île. Et souvent, cette architecture domestique est intimement liée à la spiritualité. Selon les données disponibles, l’hindouisme est actuellement la deuxième religion la plus pratiquée sur l’Île de la Réunion, et cette forte présence se reflète aussi dans l’espace privé.

La « case Tomi », par exemple, est emblématique. Elle doit son nom à l’ingénieur qui a standardisé ce modèle de maison en bois après la Seconde Guerre mondiale pour loger les fonctionnaires. Mais son style s’inspire de l’architecture créole plus ancienne. On la reconnaît à sa structure en bois, son toit à quatre pans en tôle, et surtout sa varangue, cette terrasse couverte en façade qui est le véritable lieu de vie social de la maison. Les bardeaux, de petites tuiles de bois (souvent de tamarin ou de bois de fer), sont une autre signature des maisons plus anciennes et cossues, offrant une isolation naturelle parfaite.

Ce qui rend ces habitations particulièrement intéressantes pour notre sujet, c’est la présence fréquente de petits autels ou de chapelles privées dans leur jardin. L’Office de Tourisme de l’Ouest souligne que s’il existe de grands temples dans les villes, il y a aussi « de nombreux temples religieux, appelés plus souvent des chapelles, situées chez l’habitant ». Ces petits édifices colorés, dédiés à une divinité familiale, montrent que la pratique religieuse est profondément ancrée dans le quotidien et l’espace domestique. Observer une case créole, ce n’est donc pas seulement regarder une maison, c’est parfois entrevoir le jardin secret de la foi de ses habitants.

À retenir

  • Le « vivre-ensemble » réunionnais n’est pas un slogan, mais une construction historique active, entretenue par des institutions comme le GDIR et des initiatives académiques.
  • Chaque règle de visite dans un lieu de culte (tenue, offrande, silence) est un acte de respect directement lié à l’histoire du peuplement et aux principes théologiques de chaque foi.
  • Pour une expérience authentique, il faut dépasser le folklore touristique et s’intéresser aux pratiques vivantes et quotidiennes, où les frontières entre communautés sont souvent poreuses.

Comment retracer l’histoire du peuplement pour comprendre le visage actuel de la Réunion ?

Nous avons vu les règles, observé les architectures et décrypté les symboles. La boucle se referme sur cette idée centrale : pour véritablement comprendre le visage actuel de La Réunion et visiter ses lieux de culte avec un regard éclairé, il faut remonter le fil de son histoire. Chaque communauté, chaque religion, est arrivée sur l’île à un moment précis et pour des raisons spécifiques, apportant avec elle ses traditions, ses savoir-faire et sa foi. L’île n’était pas une terre d’accueil idyllique, mais souvent un lieu de labeur intense où la spiritualité était un refuge et un lien avec la terre d’origine.

L’histoire de la ville de Le Port en est une illustration parfaite. La construction du port et de la voie ferrée à la fin du XIXe siècle a nécessité une main-d’œuvre considérable. Plus de 8 000 personnes ont été employées : des Réunionnais de toute l’île, mais aussi des engagés Indiens, Malgaches, Égyptiens et « Somalis ». Tout naturellement, pour répondre aux besoins spirituels de ces travailleurs déracinés, la ville a vu fleurir sur son territoire des temples malbars et malgaches, des mosquées, des ashrams et des églises. Le patrimoine religieux de la ville est le reflet direct de son histoire économique et sociale. Visiter ces lieux, c’est marcher sur les traces de ces milliers d’hommes et de femmes qui ont bâti l’île.

De même, l’histoire du magnifique temple Narassingua Péroumal de Saint-Pierre est indissociable de l’engagisme. Édifié vers 1860 par des engagés indiens venus travailler dans les plantations de canne à sucre, il n’était à l’origine qu’une modeste chapelle en bois. Sa splendeur actuelle est le fruit de décennies de travail et de dévotion des descendants de ces travailleurs, qui ont transformé le refuge précaire de leurs ancêtres en un chef-d’œuvre architectural. Chaque statue, chaque couleur, est un hommage à cette histoire. En gardant cela à l’esprit, le visiteur ne voit plus un simple décor de carte postale, mais un patrimoine vivant, vibrant de la mémoire et de la foi de tout un peuple.

Pour une compréhension totale, il est essentiel de toujours relier ce que vous voyez aux racines historiques du peuplement réunionnais.

Pour votre prochain voyage, ne vous contentez pas de voir : apprenez à lire les paysages humains de l’île. Chaque porte de lieu de culte que vous pousserez avec respect est une page d’histoire que vous tournerez, vous offrant une compréhension bien plus riche et authentique de ce qui rend La Réunion si unique.

Questions fréquentes sur la visite des lieux de culte à la Réunion

Quelle est la religion majoritaire à La Réunion ?

La religion majoritaire à La Réunion est le catholicisme, héritage de la colonisation française. Cependant, l’île se caractérise par une très grande diversité religieuse avec une forte présence de l’hindouisme (environ 25% de la population), de l’islam, ainsi que des communautés protestantes, bouddhistes et des croyances traditionnelles chinoises et malgaches.

Doit-on payer pour visiter un temple, une mosquée ou une église ?

En règle générale, l’entrée dans les lieux de culte est gratuite. Cependant, pour les temples tamouls, il est de coutume de laisser un don (quelques pièces) dans une boîte prévue à cet effet à la fin de la visite. Ce n’est pas une obligation, mais un geste de gratitude très apprécié qui contribue à l’entretien du lieu.

Peut-on visiter les lieux de culte pendant les cérémonies ?

Cela dépend du lieu et de la cérémonie. Dans les églises, il est possible d’assister discrètement à une messe depuis le fond de la nef. Dans les mosquées, l’accès à la salle de prière est généralement réservé aux musulmans, surtout pendant les heures de prière. Pour les temples tamouls, certaines grandes cérémonies comme la marche sur le feu sont publiques et attirent les foules, mais l’accès à l’intérieur du temple peut être restreint. Le mieux est de se renseigner au préalable.

Rédigé par Jean-René Virapoullé, Historien et médiateur culturel, expert du patrimoine religieux et de l'histoire du peuplement de La Réunion. Ancien conservateur adjoint, spécialiste du dialogue interreligieux et des traditions tamoules.