
En résumé :
- La sérénité sur la route de Cilaos ne vient pas de la prudence passive, mais de la maîtrise de techniques de conduite montagnarde spécifiques.
- Le frein moteur n’est pas une option, mais l’outil principal pour contrôler sa vitesse en descente et préserver ses freins.
- Le klaxon n’est pas un signe d’agressivité, mais un outil de communication essentiel pour « dialoguer » avec la route et les autres usagers dans les virages aveugles.
- Gérer le mal des transports et anticiper les pauses fait partie intégrante de la conduite, transformant le trajet en une expérience positive pour tous les passagers.
- La route n’est pas qu’un obstacle : c’est la porte d’entrée vers les trésors du cirque, et la maîtriser, c’est déjà commencer à savourer Cilaos.
La route de Cilaos. Rien que le nom évoque des images puissantes chez ceux qui s’apprêtent à visiter La Réunion : une route sinueuse agrippée à la falaise, des centaines de virages, et la sensation du vide. Pour un conducteur peu habitué aux routes de montagne, l’appréhension est légitime et peut vite transformer l’excitation de la découverte en une véritable source de stress. On vous a sûrement conseillé de rouler doucement, de rester prudent, de faire des pauses. Ces conseils, pleins de bon sens, ne suffisent pourtant pas à calmer le nœud à l’estomac lorsque l’on s’engage pour la première fois sur cette voie légendaire.
Et si la clé n’était pas la prudence passive, mais la maîtrise active ? Si cette route n’était pas une épreuve à subir, mais un cours de conduite accéléré où chaque virage bien négocié vous rapproche de l’âme du cirque ? L’erreur fondamentale est de voir ce trajet comme un simple déplacement. C’est en réalité la première étape de l’immersion. En tant que moniteur local, ma philosophie est simple : transformer l’angoisse en confiance par la technique. Comprendre le « pourquoi » de chaque geste, du frein moteur au placement du regard, est ce qui vous permettra de ne plus subir la route, mais de la piloter.
Cet article n’est pas une simple liste de conseils. C’est une véritable leçon de conduite pensée pour vous, le conducteur attiré par Cilaos mais intimidé par sa route. Nous allons décomposer ensemble les gestes techniques, les astuces psychologiques et les spécificités locales pour que vous puissiez non seulement arriver à destination en toute sécurité, mais surtout, en ayant profité du voyage.
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Pour aborder ce monument du patrimoine réunionnais avec la sérénité d’un local, nous allons explorer tous les aspects de l’expérience, de la technique de conduite pure aux récompenses qui vous attendent au sommet. Ce guide complet vous donnera toutes les clés pour faire de la route de Cilaos un souvenir mémorable, et non un calvaire.
Sommaire : Maîtriser la route de Cilaos et savourer les trésors du cirque
- Gingembre et regard au loin : comment survivre aux 400 virages si on est malade ?
- Vin de Cilaos : pourquoi ce terroir volcanique produit-il un vin si particulier ?
- Pourquoi la lentille de Cilaos coûte-t-elle 15 €/kg et les vaut-elle ?
- Bus et tunnels : l’erreur de ne pas klaxonner dans les virages aveugles
- Soins et spa : comment réserver une cure de bien-être après la randonnée ?
- Frein moteur et virages serrés : comment conduire une voiture de location dans les Hauts ?
- Bloc ou Cilaos : quel sentier d’accès choisir pour économiser vos genoux ?
- Confitures et jus frais : pourquoi le petit-déjeuner est-il le moment clé de l’échange avec l’hôte ?
Gingembre et regard au loin : comment survivre aux 400 virages si on est malade ?
Le mal des transports, ou cinétose, est l’ennemi juré des passagers sur la route de Cilaos. L’enchaînement constant des virages crée un conflit entre l’oreille interne, qui sent le mouvement, et les yeux, qui voient un habitacle immobile. Pour le conducteur peu confiant, le stress peut même amplifier ces sensations. La solution ne réside pas seulement dans les médicaments, mais dans une approche proactive qui combine préparation, placement et mental. Il est crucial d’anticiper le problème, surtout si des enfants ou des personnes sensibles font partie du voyage.
La première règle est simple : le passager le plus sensible doit s’asseoir à l’avant. Avoir une vue dégagée sur la route permet au cerveau de mieux synchroniser les informations visuelles et vestibulaires. Il faut à tout prix éviter les places arrière, où les mouvements sont plus amples et la vue obstruée. Le regard doit être fixé loin devant, vers l’horizon ou le point de sortie du prochain virage, jamais sur le bas-côté qui défile ou sur un écran. Une conduite souple et anticipée de la part du conducteur, sans accélérations ni freinages brusques, est également fondamentale pour limiter les nausées.
L’exemple des conducteurs de la ligne 60 vers Cilaos
Les chauffeurs de bus qui parcourent cette route plusieurs fois par jour ont développé des techniques éprouvées. Ils conseillent systématiquement aux touristes de s’asseoir à l’avant, de préférence côté montagne pour réduire la sensation de vide. Ils maintiennent une vitesse très constante dans les virages pour minimiser les forces latérales et n’hésitent pas à faire des pauses courtes aux points de vue, permettant à la fois d’admirer le paysage et de laisser l’oreille interne se « recaler ».
En complément, un petit kit de survie peut faire des merveilles. Le gingembre frais, mâché en petits morceaux, est un anti-nauséeux naturel puissant. Les huiles essentielles de menthe poivrée ou de citron, sur un mouchoir, aident à calmer l’estomac. Enfin, des techniques de respiration comme la cohérence cardiaque (inspirer 5 secondes, expirer 5 secondes) aident à gérer l’anxiété qui aggrave souvent les symptômes. La clé est de ne pas subir, mais d’agir à chaque étape.
Vin de Cilaos : pourquoi ce terroir volcanique produit-il un vin si particulier ?
Une fois les lacets de la route maîtrisés, on découvre que cet accès difficile est aussi ce qui préserve et façonne les trésors du cirque. Le vin de Cilaos en est la plus belle illustration. C’est un vin unique, non seulement parce qu’il est l’un des rares produits en milieu tropical, mais surtout parce que son caractère est intimement lié à ce terroir d’exception, isolé du reste du monde par les remparts et cette fameuse route.

Le vignoble de Cilaos est l’un des plus hauts de France. Comme le souligne une source encyclopédique, il s’agit de l’un des deux seuls vignobles des DOM-TOM. Il est « planté au centre de l’île dans un cirque d’origine volcanique, à une altitude entre 600 et 1300 mètres ». Cette altitude, combinée à l’ensoleillement intense du cirque et aux nuits fraîches, crée une amplitude thermique idéale pour la maturation lente des raisins, favorisant le développement d’arômes complexes que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Les sols, riches en minéraux volcaniques, apportent une signature saline et une fraîcheur reconnaissables.
C’est l’un des deux seuls vignobles des DOM-TOM, planté au centre de l’île dans un cirque d’origine volcanique, à une altitude entre 600 et 1300 mètres.
– Wikipedia, Article sur le vin de Cilaos
Cette culture en terrasses sur des pentes abruptes (les « îlets ») rend la mécanisation quasi impossible. Tout est fait à la main, de la taille à la vendange, ce qui explique en partie son coût. En effet, le prix d’une bouteille reflète la difficulté logistique, avec une moyenne de 11,25 € pour 0,75L, soit bien plus qu’en métropole. Déguster un verre de vin de Cilaos, c’est donc goûter à l’histoire d’un terroir d’isolement, où l’effort de l’homme et la force de la nature se conjuguent pour créer un produit rare et précieux.
Pourquoi la lentille de Cilaos coûte-t-elle 15 €/kg et les vaut-elle ?
À l’instar du vin, la lentille de Cilaos est un autre trésor gastronomique dont la valeur est directement liée à la difficulté de sa culture dans le cirque. Si vous êtes surpris par son prix, qui peut atteindre des sommets, la réponse se trouve dans les champs, sur les pentes escarpées où aucune machine ne peut s’aventurer. Ce n’est pas un produit agricole industriel, mais le fruit d’un artisanat ancestral, transmis de génération en génération.
Le processus de production est entièrement manuel et justifie son statut de produit de luxe. La plantation se fait à la main, graine par graine, à l’aide d’un outil traditionnel. La culture dure plusieurs mois sur des terrains caillouteux et pentus. Puis vient la récolte, le séchage, le battage pour séparer les graines des cosses, et enfin un tri méticuleux. Cette méthode artisanale garantit une qualité exceptionnelle mais limite drastiquement la production. Le prix élevé, où les lentilles de Cilaos se vendent actuellement autour de 24 euros le kilo, n’est que la juste rémunération d’un travail harassant et d’une qualité incomparable.
Le processus artisanal de production des lentilles de Cilaos
La culture est entièrement manuelle : la plantation s’effectue avec un outil appelé « fer » pour déposer 5 à 7 graines par trou. La croissance s’étend sur 4 à 5 mois sur des terrains en pente. La récolte, le séchage et le battage sont également manuels avant un tri final par l’Association des Producteurs. Cette production limitée à environ 100 tonnes par an en fait un produit rare et recherché.
Cette rareté a malheureusement attiré les contrefaçons. Pour être sûr d’acheter les véritables lentilles de Cilaos, quelques vérifications s’imposent. Le prix est un premier indice : méfiez-vous des offres trop alléchantes. Voici quelques points de contrôle :
- L’emballage : L’origine « Cilaos » doit être imprimée directement sur le sachet, et non sur une étiquette autocollante.
- Le temps de cuisson : La vraie lentille de Cilaos cuit rapidement, entre 30 et 90 minutes. Une cuisson qui s’éternise pendant des heures trahit une contrefaçon.
- Le point de vente : Privilégiez l’achat direct auprès de l’Association des Producteurs ou sur les marchés reconnus du cirque.
Acheter une livre de lentilles de Cilaos, c’est donc bien plus qu’un simple achat alimentaire. C’est un acte de soutien à une agriculture de montagne, à un savoir-faire unique et à l’économie locale, tout en s’offrant un produit au goût fin et délicat, véritable emblème du cirque.
Bus et tunnels : l’erreur de ne pas klaxonner dans les virages aveugles
Revenons à la technique de conduite. Une des particularités de la route de Cilaos, qui surprend souvent les conducteurs non-initiés, est l’usage intensif du klaxon. Loin d’être un signe d’impatience ou d’agressivité comme en ville, il s’agit ici d’un outil de communication et de sécurité fondamental. Ne pas l’utiliser est une erreur de débutant qui peut mener à des situations stressantes, voire dangereuses. Il s’agit de « dialoguer » avec la route et les véhicules que l’on ne voit pas encore.
La règle est simple et partagée par tous les locaux : à l’approche d’un virage serré et sans visibilité, un coup de klaxon bref permet de signaler sa présence. Cette pratique est d’autant plus cruciale que la route est souvent empruntée par des bus et des camions qui, par leur gabarit, sont contraints de « mordre » sur la voie opposée dans les courbes les plus étroites. Entendre un klaxon en retour vous permet d’anticiper, de ralentir et de vous serrer au maximum sur votre droite. C’est un code de conduite partagé qui instaure une sécurité collective.
Les Réunionnais vous conseilleront, à raison, de klaxonner lorsque vous vous engagez dans un virage serré pour vous annoncer auprès de potentiels automobilistes qui arriveraient en face.
– Jumbo Car Réunion, Guide complet de la route de Cilaos
Cette habitude est particulièrement vitale à l’approche des tunnels. La route en compte plusieurs, souvent étroits, sombres et taillés à même la roche. Il est impératif de klaxonner avant de s’y engager pour s’assurer que personne n’arrive en face, surtout un bus. Le tableau suivant résume les caractéristiques des principaux tunnels où la vigilance doit être maximale.
| Tunnel | Caractéristiques | Règle de priorité |
|---|---|---|
| Peter Both | 170 mètres, très étroit | Véhicule déjà engagé prioritaire |
| Gueule Rouge | Altitude 1037m, roche friable | Klaxonner avant d’entrer |
| 3e tunnel | Le plus court mais aveugle | Attendre si bus en face |
En adoptant ce réflexe du klaxon, vous ne passerez pas pour un conducteur impatient, mais au contraire pour quelqu’un qui a compris et respecte les codes de la conduite en montagne réunionnaise.
Soins et spa : comment réserver une cure de bien-être après la randonnée ?
L’effort de la route, la concentration intense et la tension musculaire ne sont pas une fatalité. Ils peuvent au contraire devenir le prélude à une récompense ultime : la détente absolue. Cilaos n’est pas seulement un paradis pour les randonneurs, c’est aussi le seul lieu de l’île abritant un établissement thermal. Les Thermes de Cilaos sont la conclusion parfaite d’une journée de transport et d’effort, une manière de boucler la boucle en passant de la tension à la relaxation.
L’idéal est de planifier sa visite au spa en amont. Pensez à réserver votre créneau pour la fin d’après-midi du jour de votre arrivée. Cette stratégie permet de créer un enchaînement vertueux : vous affrontez la route, vous vous installez dans votre hébergement, puis vous vous offrez une ou deux heures de pure détente. Le corps et l’esprit, fatigués par le trajet, sont alors dans des conditions optimales pour recevoir les bienfaits des soins. Les tensions accumulées dans la nuque, les épaules et le dos se dénouent, préparant le terrain pour un sommeil profondément réparateur.
Les Thermes de Cilaos : histoire et bienfaits après la route
Uniques sur l’île depuis la disparition de ceux de Salazie, les Thermes de Cilaos ont bâti leur réputation sur des eaux réputées pour leurs vertus sur les rhumatismes et les affections digestives. Aujourd’hui, ils proposent des soins spécifiques pour soulager les tensions musculaires liées à la conduite ou à la randonnée. De nombreux visiteurs recommandent de réserver un soin pour la fin de journée de l’arrivée, transformant l’effort de la route en une récompense immédiate pour le corps.
Pour un séjour bien-être réussi, l’organisation est la clé. Un planning optimisé pourrait ressembler à ceci :
- Jour 1 (Matin) : Départ matinal de la côte pour monter à Cilaos, en profitant de la fraîcheur.
- Jour 1 (Midi) : Arrivée et installation, suivies d’un déjeuner léger.
- Jour 1 (Après-midi, vers 16h) : Séance de soins aux Thermes, réservée au préalable.
- Jour 1 (Soir) : Dîner local, en dégustant les spécialités du cirque.
- Jour 2 : Départ pour une randonnée, avec un corps détendu et un esprit reposé.
Envisager la route non pas comme une corvée mais comme l’étape qui mène à cette récompense sensorielle change toute la perspective du voyage.
Frein moteur et virages serrés : comment conduire une voiture de location dans les Hauts ?
Nous voici au cœur du sujet : la technique pure. Pour un conducteur non averti, l’erreur la plus commune sur la route de Cilaos est de se reposer uniquement sur la pédale de frein, surtout à la descente. C’est le meilleur moyen de faire surchauffer les plaquettes, de perdre en efficacité de freinage et de se faire peur. La clé de la maîtrise et de la sécurité réside dans un outil que beaucoup ont oublié : le frein moteur. Il s’agit simplement d’utiliser la force de résistance du moteur en rétrogradant pour contrôler sa vitesse, sans toucher aux freins.

En montée, la gestion est intuitive : on reste en seconde ou troisième vitesse pour avoir de la puissance. À la descente, le principe est le même : engagez la seconde, voire la première dans les passages les plus raides. Le moteur va se mettre à « grogner », c’est normal. Il vous retient. Vous n’aurez alors à utiliser la pédale de frein que ponctuellement, avant un virage très serré, pour ajuster votre vitesse. Vos freins restent froids, efficaces et prêts pour un freinage d’urgence. Sur la route qui compte officiellement 420 virages sur 30 kilomètres, cette technique n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Le second pilier technique est le placement du regard. Votre voiture va où vos yeux regardent. Ne fixez jamais le ravin ou le rocher à l’intérieur du virage. Votre regard doit balayer la route le plus loin possible, en visant le « point de sortie » du virage. Cela vous permet d’anticiper la courbe, d’ajuster votre trajectoire en douceur et de maintenir une allure constante, ce qui est aussi bénéfique pour vos passagers. Une conduite fluide, sans à-coups, est une conduite sûre et confortable.
Plan d’action : votre check-list avant de prendre la route de Cilaos
- Vérifier la pression des pneus : ils sont votre seul contact avec la route, leur bonne pression garantit une adhérence maximale dans les virages.
- Contrôler l’usure des pneus : assurez-vous que la bande de roulement est suffisante pour évacuer l’eau en cas d’averse.
- Tester les feux et le klaxon : le klaxon est votre voix dans les virages aveugles, et les feux sont obligatoires dans les tunnels.
- Faire le plein d’essence : la consommation est bien plus élevée en montée continue, il n’y a pas de station-service avant le cirque.
- Vérifier le niveau de liquide de frein : il sera intensément sollicité, même en utilisant le frein moteur. Un niveau bas est un risque majeur.
En appliquant ces deux principes – frein moteur et placement du regard – vous ne subissez plus la route, vous la lisez. Chaque virage devient un exercice de style, pas une source d’angoisse.
Bloc ou Cilaos : quel sentier d’accès choisir pour économiser vos genoux ?
Une fois arrivé à Cilaos, l’attrait principal pour beaucoup est l’ascension du majestueux Piton des Neiges. Mais là encore, un choix stratégique s’impose, et il est directement lié à la fatigue accumulée sur la route. Le départ de la randonnée peut se faire de deux endroits principaux, et le choix impactera directement votre effort et votre confort. Il est crucial de choisir son point de départ non seulement en fonction de son niveau de randonneur, mais aussi de son état de fraîcheur après le trajet en voiture.
Le départ principal se situe au « Bloc », un parking à environ 2 km au-dessus du village de Cilaos. C’est l’itinéraire le plus direct, mais aussi le plus abrupt. Il demande un effort intense dès les premiers mètres. Une alternative existe via le sentier de Salazie, mais elle est beaucoup plus longue et moins pratique si l’on loge à Cilaos. Le véritable choix stratégique se joue sur l’organisation de la randonnée depuis Cilaos pour préserver ses articulations, notamment les genoux, très sollicités en descente.
La stratégie des randonneurs expérimentés
La plupart des habitués recommandent de scinder l’effort. Ils montent en voiture jusqu’au parking surveillé du Bloc la veille. Ils effectuent la première partie de la montée jusqu’au refuge de la Caverne Dufour (réservation obligatoire des mois à l’avance) où ils passent la nuit. Le lendemain, ils partent vers 4h du matin pour la dernière partie de l’ascension et assister au lever du soleil depuis le sommet de l’océan Indien. Cette stratégie permet de répartir le dénivelé sur deux jours et d’éviter de cumuler la fatigue de la route et celle de la montée complète en une seule journée.
La comparaison entre les deux principaux sentiers d’accès au refuge montre bien les différences d’effort et de logistique.
| Critère | Départ du Bloc (Cilaos) | Départ de Salazie |
|---|---|---|
| Durée montée | 3h30 jusqu’au refuge | 4h30 jusqu’au refuge |
| Dénivelé | Plus abrupt, 1700m | Plus progressif, 1800m |
| Parking | Sécurisé, surveillé | Isolé, moins sûr |
| Fatigue route | 1h de route stressante avant | Route plus calme |
| Vue pendant montée | Spectaculaire rapidement | Progressive |
Pour le visiteur logeant à Cilaos, le départ du Bloc est donc quasi incontournable. La meilleure façon d’économiser ses genoux est donc de ne pas sous-estimer l’effort global : bien se reposer après la route, monter léger, utiliser des bâtons de marche (surtout pour la descente) et, si possible, adopter la stratégie de la nuit au refuge.
À retenir
- Technique avant tout : La maîtrise du frein moteur et le placement du regard sont plus importants que la puissance de la voiture pour conduire sereinement.
- Le klaxon est un dialogue : Sur la route de Cilaos, klaxonner dans les virages aveugles n’est pas de l’agressivité, mais un acte de communication et de sécurité.
- Anticipez pour les passagers : Une conduite souple, le placement à l’avant et un kit anti-nausée transforment un trajet potentiellement pénible en une expérience partagée.
- La route est une récompense : Chaque virage maîtrisé vous rapproche des trésors du cirque (vin, lentilles, spa), faisant de l’effort une partie intégrante du plaisir.
Confitures et jus frais : pourquoi le petit-déjeuner est-il le moment clé de l’échange avec l’hôte ?
Après l’effort de la route, la potentielle randonnée et la découverte des trésors locaux, il reste un moment essentiel qui donne tout son sens à l’expérience Cilaos : le petit-déjeuner en chambre d’hôtes. Bien plus qu’un simple repas, c’est un moment privilégié d’échange et de partage. C’est là, autour de confitures maison au chouchou ou au goyavier et d’un jus de fruits frais, que le dialogue s’installe avec votre hôte. C’est l’occasion de débriefer votre montée, de partager vos impressions et, surtout, de recueillir des conseils précieux que vous ne trouverez dans aucun guide.
Votre hôte est une mine d’informations. Il a sa propre histoire avec la route aux 400 virages, ses anecdotes, ses astuces. Il connaît le « vrai » Cilaos, celui qui se cache derrière les devantures pour touristes. C’est le moment de poser des questions ouvertes, de montrer votre curiosité pour la vie dans le cirque. Cet échange authentique est souvent ce qui transforme un simple séjour touristique en un souvenir humain et marquant. Le petit-déjeuner devient alors le point de convergence de toute votre aventure : vous y racontez la route que vous avez maîtrisée, et vous y préparez la journée de découverte à venir grâce aux conseils d’un local.
Pour tirer le meilleur de ce moment, n’hésitez pas à préparer quelques questions :
- Quelle est votre propre histoire avec la route aux 400 virages ?
- Quel est le meilleur point de vue accessible sans voiture depuis le village ?
- Où acheter les vraies lentilles de Cilaos pour éviter les contrefaçons ?
- Quel producteur de vin local recommandez-vous pour une dégustation ?
- Y a-t-il des sentiers peu connus accessibles à pied depuis l’hébergement ?
Ce dialogue est la dernière pièce du puzzle. Il connecte votre expérience de conducteur et de visiteur à la réalité vivante du cirque. La route n’est plus une barrière, mais le fil qui vous a mené à cette rencontre.
Maintenant que vous disposez de toutes les clés, techniques et mentales, pour aborder la route de Cilaos non plus comme une épreuve mais comme une aventure, l’étape suivante est de la vivre. Planifiez votre séjour, réservez votre voiture de location en gardant ces conseils en tête, et préparez-vous à découvrir l’un des joyaux les plus spectaculaires et authentiques de La Réunion.